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Le rétablissement, c’est de faire autrement

by | Oct 15, 2022 | ACA Beyond Borders, ComLine

J’ai collectionné de nombreuses phrases, qui me servent parfois de boussole. Par exemple :

• Si je ne change pas, ma souffrance ne changera pas.

• Si tu veux des choses que tu n’as jamais eues, fais des choses que tu n’as jamais faites.

• « Plus » de la même chose donne « plus » du même résultat.

• Le rétablissement, c’est de faire autrement.

Est-ce que je me sens plus impuissante, sans recours, désespérée que jamais ? Le rétablissement, c’est de faire autrement. Je coupe la chose que je suis incapable de faire, la décompose en petits morceaux, de plus en plus petits, jusqu’à ce qu’un petit bout soit faisable, puis un autre, puis un autre. Exactement de la même façon que j’ai découpé le temps il y a longtemps, quand il m’était si difficile de rester en vie : 24 heures étaient une éternité, 24 minutes aussi, mais survivre sans me suicider semblait faisable si je ne l’envisageais que pour 24 secondes. Ce que j’ai fait. Un jour, je suis restée 7 heures sur un banc, toute mon énergie consacrée à ne pas me tuer seconde après seconde… Plus tard, j’ai réalisé que j’avais ainsi renouvelé ma décision d’être abstinente au suicide 25 200 fois de suite. Qu’on ne vienne surtout pas me dire que je ne sais pas ce que je veux, ou que je n’ai pas de volonté, pas de courage ! Seuls ceux qui ont vécu le même genre d’expérience peuvent savoir la quantité phénoménale de courage, ouverture d’esprit, et bonne volonté nécessaires.

Est-ce que je tremble de terreur ? Le rétablissement, c’est de faire autrement. Je répète en boucle, comme un mantra : « Lâcher prise et s’en remettre à Dieu ». Bien évidemment, chaque fois que je suis submergée de terreur, je suis incapable de croire qu’il existe un Dieu Aimant ou une Puissance Supérieure Aimante, mais j’ai découvert qu’il n’est pas nécessaire de connaître Son Nom pour Le ou La prier : l’important est de faire barrage dans ma tête aux pensées de terreur et croyances pétrifiantes. Lâcher prise et s’en remettre à Dieu. De toute façon, j’ai eu l’impression de mourir si souvent que quelquefois il me semble que c’est fait, que je suis morte depuis si longtemps que ça ne fera pas de différence le jour où je mourrai réellement. Lâcher prise et s’en remettre à Dieu.

Est-ce que je suis convaincue d’être tarée, à moitié folle, incapable de quoi que ce soit ? Le rétablissement, c’est de faire autrement. J’essaie de comprendre ce que je FERAIS SI j’étais un être humain capable, essaie de le faire, essaie d’essayer… Mais même après avoir réussi, je suis souvent incapable de croire que je l’ai fait, et après ? Je l’ai fait, merci à ma Puissance Supérieure Aimante (inconnue, mystérieuse, incroyable).

Est-ce que mon Parent Intérieur Critique me dit que ce partage est trop stupide pour être publié ? Le rétablissement, c’est de faire autrement. Je l’enverrai quand même, et s’il apparaît sur le blog ComLine, mon Enfant Intérieure sera heureuse et fière. Chiche ?!

Geneviève R.

The translation below was provided by the autor.

Recovery Is Acting Differently

I collected a lot of sentences that guide me like a compass. For example:

• If I don’t change, my pain won’t change.

• If you want to get things you’ve never had, do things you’ve never done.

• “More” of “the same” leads to “more” of “the same results”.

• Recovery is acting differently.

Do I feel more powerless, helpless, desperate than ever? Recovery is acting differently. I split the thing I am unable to do, decompose it into small pieces, smaller and smaller, until one tiny piece is feasible, then another, then another. Exactly the same way as I split time long ago, when it was so difficult to stay alive; 24 hours was an eternity, and so were 24 minutes, but surviving without committing suicide seemed achievable if I considered it only for 24 seconds. So did I. Once, I stayed 7 hours on a bench, all my strength devoted not to kill me second after second. Later, I realized I had thus renewed my decision to abstain from suicide, 25,200 seconds at a stretch. Never tell me that I don’t know what I want, nor that I have no will, no courage of my own! Only those who have lived the same kind of experience can appreciate the incredible amount of courage, openmindedness and goodwill that had been necessary.

Do I shake all over with fear? Recovery is acting differently. I repeat, like a mantra: “Let go. Let God”. Of course, every time I am overwhelmed with fear, I am by then absolutely unable to believe that any Loving God or Loving Higher Power exists, but I discovered it is not necessary to know His or Her name to pray to Him or Her. The important thing is to establish in my mind a barrier to fear thoughts and petrifying beliefs. Let go. Let God. Anyway, I felt like I was just dying so often, that I sometimes feel entitled to think that it is done, that I have been dead for so long that it will make no difference the day I will really die. Let go. Let God.

Do I know for sure that I am a failure, half-mad, unable to succeed? Recovery is acting differently. I try to understand how I WOULD proceed IF I was a capable human being, and try to do it, and try to try. Even after having succeeded, I am often unable to believe I have done it, but so what? I have really done it, thanks to my (unknown and mysterious and unbelievable) Loving Higher Power.

Does my Inner Critical Parent tell me this share is too stupid to be published? Recovery is acting differently. I will send it anyway, and if it appears on the ComLine Blog, my Inner Child will be happy and proud! Bet you I will!

Geneviève R.

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