Select Page

Les courtes vies importent aussi

by | Jul 1, 2024 | ComLine, Voices of Recovery

Au décours de mes recherches transgénérationnelles, j’ai eu à examiner mon vécu in utero, comme répétition du vécu in utero d’autres bébés de la famille.

Quand une femme enceinte subit un traumatisme (mort subite d’un proche, viol, violence conjugale, départ soudain du père, enrôlé dans l’armée lors d’une guerre…), tout son corps est imprégné de stress, et le placenta ne peut pas tout filtrer et protéger le fœtus. Le fœtus subit alors le même stress que sa mère, mais cela ne peut pas être conscient : seul son corps en gardera mémoire.

Le « gisant » qui attira mon attention fut Colette, née et morte il y a plus d’un siècle. Alors qu’elle était encore dans le ventre de sa mère, sa grande sœur, âgée de 3 ans ½, est morte subitement. Sa mère a écrit : « Moins d’un mois après naissait Colette, avec une jaunisse terrible, due certainement à mon chagrin des dernières semaines. Cette petite n’a pas pris le dessus ; elle est restée sans vigueur, et à 5 mois passés (…) elle mourut dans mes bras. »

J’ai mené des recherches, et trouvé le cimetière où elles ont été enterrées. A leurs dates de naissance et de mort, je m’y rends, et prie pour ces petites filles ayant vécu une vie si courte.

La mère de Colette elle-même était dans le ventre de sa propre mère quand sa propre sœur aînée, âgée de 16 mois, est morte. Pareil traumatisme a-t-il été enkysté dans son corps, pour se répéter une génération plus tard, avec sa petite Colette et d’autres bébés ? Transmission transgénérationnelle de la souffrance… Claudia Black dit que la croyance « Ça ne m’arrivera jamais ! » est souvent erronée : ça arrive bel et bien, une ou deux générations plus tard… Que m’est-il arrivé quand j’étais dans le ventre de ma mère, comme transmission transgénérationnelle de ce qui est arrivé à ma mère ou à ma grand-mère, dans le ventre de la sienne ? Je ne saurai jamais exactement. Mais mon corps sait et en a gardé trace.

Il y a dans ma ville une association qui accompagne les personnes ayant perdu un bébé, avant la naissance, ou au cours de la première année. Il y a cinq ans, lors de la journée mondiale du deuil périnatal, elle a organisé une marche, s’achevant près d’un arbre : les personnes pouvaient écrire le nom du bébé décédé sur un ruban, et l’accrocher à une branche, comme symbole de souvenir aimant. J’ai écrit 3 prénoms sur mon ruban : Colette, sa sœur aînée, leur mère. Un panneau installé sur l’arbre expliquait ce que cela symbolisait. Avec un slogan : « Ceux qui pensent qu’il y a un délai limite au chagrin n’ont jamais perdu un morceau de leur cœur ».

C’était avant le Covid. Si la même association organise à nouveau ce genre de marche, j’y participerai à nouveau, et ajouterai un ruban pour Maud, autre petite fille décédée, deux générations après la mienne

Below is translation provided by the author

Short Lives Matter

Among my transgenerational research, I had to examine what I experienced as a baby in my mother’s womb, as a repetition of what other familial babies experienced in theirs. 

When a pregnant woman undergoes a trauma (sudden death of a loved one, rape, conjugal violence, sudden departure of the father, enrolled in army during a war…), her whole body gets impregnated with stress, and the placenta cannot filter everything and protect the fetus. The fetus then undergoes the same stress as her mother’s, but it can’t be consciously. Only her body will keep memory of it. 

The “recumbent figure” who attracted my attention was Colette, born and died more than a century ago. While in her mother’s womb, her elder sister, aged three and one half years, suddenly died. Her mother wrote: “Less than a month after, Colette was born, with a terrible jaundice, certainly caused by my great grief of these late weeks. This baby didn’t get over the trauma; she remained feeble, and at the age of five months (…) she died in my arms.”

I undertook research, and found the cemetery where both little girls were buried. On the dates of their birth and death, I pay a visit to that place, praying for the little girls who lived such a short life.

Colette’s mother was in her own mother’s womb when her own elder sister, aged sixteen months, died. Had such a trauma been ingrained in her body, to be repeated a generation later, with her little Colette and other babies? Transgenerational transmission of suffering… Claudia Black says that the belief “It will never happen to me!” often fails. It does happen, one or two generations later... What happened to me while I was in my mother’s womb, as a transgenerational transmission of what happened to my mother or to my grandmother, in her own mother’s womb? I will never know exactly. But my body knows and has kept the score. 

There is, in my town, a non-profit association accompanying people having lost a baby, either before birth, or during their first year. Five years ago, on the day worldly dedicated to perinatal bereavement, they organized a walk, ending near a tree. People could write the little deceased’s name on a ribbon, and tie it to a branch, as a symbol of loving memory. I wrote three names on my ribbon: Colette, her elder sister, their mother. A billboard on the tree explained what it symbolized with a slogan: “Those who think there is a deadline to bereavement have never lost a part of their heart”.

That was before COVID. If the same association organizes, again, that kind of walk, I will participate again, and add a ribbon for Maud, another deceased little girl, two generations after mine.

Geneviève R

Responses

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Submission Policy

We welcome blog submissions of articles and other content from ACA members.
To keep this blog a safe place, before submitting an article or other content please read our submission policy

Submit Content

Feedback

Posting of comments for others to see is disabled, but we encourage you to provide feedback by clicking on the “Submit Feedback” button below.

Submit Feedback

Authors List

, , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,
Translate »