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ÉCRIRE : C’EST ÇA OU MOURIR

by | Dec 1, 2022 | ACA And The Arts, ComLine

J’ai écrit ce (trop long) poème il y a 29 ans, étant encore en amnésie traumatique, confusion, déni…

Aujourd’hui, je le dédie à tou(te)s les ami(e)s en 12 Etapes (toutes Fraternités confondues) qui s’y reconnaîtront, eux(elles)-mêmes et leur souffrance post-traumatique, et qui s’efforcent d’écrire leurs Etapes : tenez bon ! Vous êtes sur la voie du rétablissement !

Je NE le dédie PAS à ceux et celles à qui je l’avais donné et qui ne se sont pas même souciés de m’en dire le moindre mot, ou qui en ont ri, ou ont prétendu en faire une « preuve de ma maladie mentale en l’absence de tout trauma », croyant étonnamment que ce déni était de « l’amour » ou du « soin ».

Écrire et hurler sa souffrance :
Ça fait si mal dès que l’on pense.

Écrire, comme ça, au hasard,
Écrire tout ce désespoir
Diffus, épais comme un brouillard ;
Écrire quand tombe le soir.

Écrire quand on devient folle :
Se saoûler de mots, pas d’alcool.

Écrire pour se libérer ;
Écrire sans même espérer
Que cela aide à oublier.
Écrire, pour ne pas se noyer.

Écrire, comme une bouée
Quand on se sent déjà couler.

Écrire, c’est comme un naufrage
Sous un raz-de-marée de rage.
C’est un siphon, un tourbillon :
Les mots sont des plongeurs de fond.

Écrire quand j’ai mal partout :
On dit que se taire rend fou.

Écrire, c’est un exutoire
Pour extirper le désespoir.
Écrire pour se libérer :
Si je n’écris pas, je mourrai.

À ce qu’il paraît, ça défoule :
Écrire, c’est du sang qui coule.

Écrire comme on va vomir :
Puisqu’on est malade, le dire.
Écrire, pour éliminer
Tout ce qu’on n’a pas digéré.

Écrire, comme on expectore
Tous les griefs et tous les torts.

Écrire droit comme un crachat
Pour rejeter ces poisons-là.
Quels poisons ? Je ne le sais pas…
C’est plus violent qu’un choléra.

Insulter le ciel et la terre,
Éventrer toute sa misère.
(…)

On m’a dit qu’écrire, à tout prendre,
Ça valait mieux que de se pendre.

Alors j’éructe et je bafouille,
Mais j’ai trop mal, j’ai trop la trouille
Que ça empire, empire encore.
Je veux la fin, je veux la mort.

Ne plus souffrir,
Ne plus gémir,
Ne plus haïr,
Ne plus ouïr
Le pire

…Alors écrire.

Écrire, et tenter de choisir
De vivre plutôt que mourir.

Je ne sais ce que j’ai en moi :
Partout, j’ai mal, partout, j’ai froid,
Le monde entier n’est que souffrance,
Viol, mensonge, haine et absence.
(…)

Les autres aussi souffrent à hurler,
Les autres aussi sont accablés,

Nul n’a jamais la vie facile,
Alors comment, comment font-ils,
Eux, pour ne pas se suicider,
Pour entreprendre et espérer ?

Comment peut-on avoir la foi ?
Qu’auraient-ils donc que je n’aie pas ?

Je m’épuise à leur demander,
À mendier quelques conseils ;
J’essaierais bien de faire pareil,
Je voudrais bien les imiter.

Je ne sais que pleurer, hurler,
Écrire… et continuer.

J’essaie, j’essaie d’écrire encore :
C’est ma lutte contre la mort.

Geneviève R.

The translation below was provided by the author.

Write Or Die

I wrote this (too long) poem 29 years ago, when still in traumatic amnesia, confusion, denial…

Today, I dedicate it to all the 12 Steps friends (whatever Fellowship) who will recognize themselves and their post-traumatic pain in it, and who strive to write their Steps: hold on! You’re on your way towards recovery!

I DO NOT dedicate it to those to whom I gave it and who didn’t care enough to utter a single word, or who made fun of it, or pretended that it was a “proof of my madness since there has been no trauma at all”, amazingly believing that denial was “love” or “care”.

Write and howl one’s pain:
It is so hurtful to think.

Write at random,
Write all that despair
Diffuse, thick as a fog;
Write when the night falls.

Write when becoming mad:
Get drunk with words, not alcohol.

Write to free oneself;
Write without even hoping
It will help to forget.
Write, not to get drowned.

Write, like a buoy
When feeling oneself sinking.

Writing, it is like a wreckage
Under a tidal wave of rage.
It’s a siphon, a whirlpool:
Words are deep divers.

Write when pain is everywhere:
They say that to shut up drives oneself mad.

Writing is an outlet
To extirpate despair.
Write to free oneself:
If I don’t write, I’ll die.

They say it liberates oneself:
Writing is blood pouring out.

Write as if vomiting:
Being sick, say it.
Write to eliminate
All that has not been digested.

Write as if expectorating
All the grievances and wrongs.

Write straight as if spitting
To reject all those poisons.
What poisons? I don’t know…
It is more violent than cholera.

Insulting Heaven and Earth,
Ripping all one’s misery.
(…)

They told me that writing, all in all,
Was better than hanging oneself.

So, I eruct and splutter,
But I feel too much pain, too much fear
That it will worsen on and on.
I want the end, I want death.

No more suffering,
No more groaning,
No more hating,
No more hearing
The worse

…then, write.

Write and try to choose
To live rather than to die.

I don’t know what’s inside me:
Everywhere, pain and cold.
The whole world is pain,
Rape, lies, hate and nobody answering.
(…)

Others, too, suffer and howl,
Others, too, are overwhelmed,

Nobody has an easy life,
So, how do they manage,
Themselves, not to commit suicide,
To begin and to hope?

How is it possible to have faith?
What do they have that I don’t?

I exhaust myself asking them,
Begging some pieces of advice
I’d like to act like them,
To imitate them.

I can only cry, howl,
Write… and go on.

I try, try again to write:
That’s my struggle against death.

Geneviève R.

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